Parce que son destin l'interesse beaucoup moins que sa vie, Marat Safin restera dans les coeurs plus que dans les livres.La perspective lui convient.On le compare a Michael Jordan ou James Dean.Lui adore Freud ou Sherlok Holmes.D'entrée, ça ne respire pas le conformisme tiède.Normal rien est tiède dans l'univers de Marat Safin,vingt-six ans,dont vingt passés à jouer au tennis.Venu du froid -la Russie-,élevé au chaud en Espagne,ce champion a su puiser dans les cultures slaves et latines de quoi ne jamais laisser quiconque indifférent.De quoi lui donner aussi l'image d'un épicurien à l'opposé de la philosophie carriètiste de la plupart de ses partenaires de jeu.Reconnu il y'a quelques années comme le joueur le plus adroit pour manier une raquette sur cette terre, l'ex numéro un du tennis mondial,confronté a l'hypothèse de ne pouvoir apporter qu'une chose avec lui sur une ïle déserte,rangerait pourtant avec empressement son outil de travail au grenier.
"J'emmenerais une femme", assure-t-il derrière son regard pétillant.
Il n'a rien du "Mister Nobody", Mister Safin. Le body,ce corps,justement,parfait,tant sur le plan esthétique qu'athlétique... A l'exterieur rien ne cloche chez ce beau goss qu'un pousse à peine sépare du double mètre.
Parfaitement taillé pour son sport.Parfaitement taillé pour plaire. Autant d'armes pour chasser les doutes. Mais Safin n'y arrive pas. Il aimerait ne pas penser mais il pense beaucoup. Alors il souffre de ce fonctionnement psychologique qui peut le plonger en un claquement de doigts -ou un grincement de dents-dans les abîmes du questionnement existenciel.
Safin lutte contre ses démons car,bien que défié par ses fans, il se sait mortel.Puisqu'on n'a qu'une vie et que tout peut s'arreter demain,pourquoi s'inquiéter de la suite et ne pas jouir pleinement du moment présent? "Marat ne manque pas d'ambition mais il ne veut pas entendre parler de plan de carrière.Il ne planifie meme pas ses journées..." commente Gérard Tsobanian,son agent. Profondément libre et vivant.Safin refuse tout cadre avec un penchant pour le débordement,les débordements. Des cadres le Russe en a brisé des centaines, et en mille morceaux, depuis ses débuts.
Quand Safin se fâche, il faut que ça se sache: la raquette trinque alors jusqu'à l'ivresse.A Milan en février 2001, Safin vient de perdre piteusement en quart de finale. Il range ses affaires dans son sac,quitte le cour la tête basse. Une fois dans le vestiaire, il pulvérise méthodiquement sept raquettes....
Voilà un pti bout d'un trés bel article consacré au ti Marat dans le magazine l'équipe.[/c]